Comment va la vie ?

Le Canada obtient de très bons résultats dans de nombreux indicateurs du bien-être comparé à la plupart des autres pays qui figurent dans l’Indicateur du vivre mieux. Le Canada se positionne au-dessus de la moyenne dans les dimensions du revenu et le patrimoine, de l’état de santé, de l’emploi et les salaires, de l’éducation et des compétences, de la satisfaction à l’égard de la vie, du logement, des liens sociaux, de l’engagement civique, de la qualité de l’environnement et de la sécurité. S’il ne fait pas le bonheur, l’argent est tout de même important pour obtenir un meilleur niveau de vie. Au Canada, le revenu moyen disponible ajusté net des ménages par habitant est de 29 365, soit plus élevé que la moyenne de 25 908 USD dans les pays de l’OCDE. Mais un écart considérable sépare les plus aisés des plus modestes – les 20 % les mieux lotis touchent environ cinq fois le montant perçu par les 20 % les moins bien lotis.

En termes d’emploi, plus de 72 % des 15-64 ans ont un travail rémunéré, un niveau plus élevé que le taux d’emploi moyen de l’OCDE de 65 %. Environ 75 % des hommes ont un emploi rémunéré, contre 70 % des femmes. Au Canada, 4 % des salariés travaillent de très longues heures, soit un taux moins élevé que celui de 13 % observé dans l’OCDE, avec 6 % d’hommes travaillant de très longues heures contre 1 % pour les femmes.

Pour trouver un emploi, il est essentiel d’avoir fait de bonnes études et d’avoir de bonnes compétences. Au Canada, 89 % des 25-64 ans sont diplômés du deuxième cycle du secondaire ou équivalent, soit plus que la moyenne de l’OCDE de 75 %. Ce constat est un peu plus vrai pour les femmes, 90 % d’entre elles décrochant un tel diplôme, contre 88 % des hommes. Le Canada est l’un des pays les plus performants en ce qui concerne la qualité de son système éducatif. Le score moyen au Canada pour ce qui est de la compréhension de l’écrit, des mathématiques et des sciences, est de 522, supérieur à la moyenne de 497 points de la zone OCDE. Les filles dépassent les garçons de 7 points en moyenne, moins que les 8 points d’écart moyen de l’OCDE. En termes de santé, l’espérance de vie à la naissance au Canada est de 82 ans, soit un an de plus que la moyenne de l’OCDE. L’espérance de vie chez les femmes est de 84 années contre 79 années chez les hommes. La concentration de PM10 (fines particules atmosphériques polluantes qui peuvent pénétrer et endommager les poumons) est de 14.5 microgrammes par mètre cube dans les grands centres urbains, un niveau inférieur à ceux enregistrés dans la plupart des pays de l’OCDE (20.1 microgrammes). Le Canada est également performant dans sa gestion de la qualité de l’eau, 91 % de ses habitants se disant satisfait de la qualité de leur eau, au-dessus de la moyenne de 81 % dans l’OCDE.

En ce qui concerne la sphère publique, le sentiment d’appartenance est élevé, et le degré de participation des citoyens modéré au Canada. Dans l’ensemble, 92 % des habitants pensent connaître quelqu’un sur qui compter en cas de besoin, contre 88 % en moyenne dans l’OCDE. Le taux de participation électorale, qui traduit la participation des citoyens au processus politique, s’est élevé à 61 % lors des dernières élections, soit un taux moins élevé que la moyenne de l’OCDE qui s’établit à 68 %. Au Canada la participation électorale est estimée à 63 % pour les 20 % les plus aisés, contre 60 % pour les 20 % les plus modestes. Cette différence, bien moins large que l’écart moyen au sein de l’OCDE de 13 points de pourcentage, témoigne d’une certaine cohésion sociale autour des institutions démocratiques. En général, les Canadiens sont plus satisfaits de leur vie que la plupart des citoyens de l’OCDE. Lorsqu’on leur demande de noter de 0 à 10 leur niveau global de satisfaction, les Canadiens l’évaluent à 7.3, ce qui est supérieur à la note moyenne de 6.6 recueillie pour l’ensemble de l’OCDE.







Le logement

Être logé dans de bonnes conditions est l’un des aspects les plus importants de l’existence. Le logement est essentiel pour satisfaire des besoins élémentaires tels que celui de s’abriter, mais il ne se résume pas au fait de disposer de quatre murs et d’un toit. Il doit être un lieu de repos et de sommeil offrant sécurité, intimité et espace personnel et permettant d’élever une famille. Ce sont toutes ces caractéristiques qui font d’un logement un foyer. Reste à savoir, bien sûr, si un logement décent est abordable. Les ménages consacrent une grande part de leur budget au logement, qui est le premier poste de dépenses de nombreuses personnes et familles dès lors qu’on additionne les loyers (ou les remboursements d’emprunt pour ceux qui sont propriétaires de leur logement), le gaz, l’électricité, l’eau, le mobilier et les réparations. Au Canada, les ménages consacrent en moyenne 21 % de leur revenu disponible brut ajusté au logement, ce qui est supérieur à la moyenne de la zone OCDE (18 %).

Il importe de mesurer le coût du logement, mais aussi d’examiner les conditions de vie, notamment le nombre moyen de pièces par personne et l’accès aux équipements de base. Le nombre de pièces d’un logement, rapporté au nombre de personnes qui l’habitent, indique s’il est surpeuplé, ce qui peut avoir une incidence néfaste sur la santé physique et mentale, les relations avec les autres ainsi que le développement des enfants. De plus, un logement surpeuplé est souvent le signe de systèmes d’alimentation en eau et d’assainissement insuffisants. Au Canada, le logement moyen comprend 2.5 pièces par personne, contre 1.8 pièces par personne en moyenne dans la zone OCDE, et le taux le plus élevé parmi les pays membres. S’agissant des équipements de base, on estime que 99.8 % des logements canadiens disposent d’un accès privatif à un WC intérieur équipé d’une chasse d’eau, ce qui est supérieur à la moyenne de la zone OCDE, qui s’établit à 97.6 %.

À Toronto et à Vancouver, par exemple, les conseils municipaux ont redéfini dans les années 2000 le zonage de tous les quartiers occupés par des maisons individuelles afin de permettre aux propriétaires-occupants de louer des logements dits secondaires ou des logements aménagés dans le sous-sol de leur maison, ou encore des habitations dites « sur ruelle », et d’accroître ainsi l’offre locative bon marché. Les habitations sur ruelle sont de petites unités individuelles généralement situées à l’arrière d’une maison unifamiliale et donnant sur une allée. Les logements secondaires existaient avant la révision du zonage, mais ils étaient pour la plupart non autorisés et illégaux.

L’encouragement de ces formes d’habitat, aux loyers généralement modérés, est un des axes majeurs de la stratégie de la ville de Vancouver en faveur de l’accessibilité du logement. C’est ainsi que la ville a accru l’offre de logements locatifs bon marché tout en aidant les accédants à la propriété à rembourser leurs emprunts hypothécaires et en améliorant la diversité sociale de quartiers résidentiels composés de maisons individuelles. De plus, comme un grand nombre d’appartements secondaires donnent accès au jardin de la maison dans laquelle ils se trouvent, ils sont sans doute plus attrayants pour les familles que les appartements traditionnels. À en juger par ces avantages, la légalisation des appartements secondaires et des maisons sur ruelle dans toutes les zones d’habitat individuel pourrait être une solution intéressante pour d’autres villes confrontées à une pénurie de logements locatifs bon marché, même si la résistance des propriétaires opposés à ce changement constitue un obstacle majeur dans de nombreuses villes du pays. L’argent ne fait peut-être pas le bonheur, mais il permet assurément d’obtenir un meilleur niveau de vie et donc plus de bien-être. Des ressources plus importantes peuvent également faciliter l’accès à une instruction de qualité, à des services de santé plus performants et à un meilleur logement. Le revenu disponible ajusté net des ménages est la somme dont dispose un ménage chaque année après impôts. Il représente le montant maximum qu’un ménage peut affecter à l’acquisition de biens ou de services. Au Canada, le revenu moyen disponible ajusté net des ménages par habitant est de 29 365 USD, plus élevé que la moyenne de l’OCDE, de 25 908 USD.

Le patrimoine financier d’un ménage représente la valeur totale de la richesse financière du ménage, comme l'argent ou les actions détenues sur des comptes bancaires. Au Canada, le patrimoine financier net moyen des ménages par habitant est estimé à 67 913 USD, légèrement plus élevé que la moyenne de l’OCDE, de 67 139 USD. En principe, les indicateurs du patrimoine des ménages doivent inclure les biens immobiliers (terrains et logements, par ex.), mais ces informations ne sont actuellement disponibles que pour un nombre restreint de pays de l’OCDE, et ne sont pas présentées ici. En dépit d’une hausse générale du niveau de vie dans les pays de l’OCDE au cours des quinze dernières années, celle-ci n’a pas profité à tous les ménages dans les mêmes proportions. Au Canada, le revenu moyen disponible ajusté estimé des 20 % de ménages les plus aisés est de 57 505 USD par an, alors que le revenu moyen disponible ajusté estimé des 20 % les plus modestes est 11 116 USD par an.

Avoir un emploi procure de nombreux avantages : l’emploi constitue une source de revenu, améliore l’insertion sociale, permet de satisfaire ses propres aspirations, de gagner confiance en soi et de développer ses qualifications et compétences. Au Canada, environ 73 % de la population en âge de travailler (15-64 ans) occupe un emploi rémunéré. Ce chiffre est bien supérieur à la moyenne de 65 % de l’OCDE. En règle générale, les taux d’emploi des plus éduqués sont supérieurs : on estime à 81 % le pourcentage des diplômés de l’enseignement supérieur ayant un emploi rémunéré au Canada, contre 47 % pour les personnes n’ayant pas atteint le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. Cette différence de 34 points de pourcentage est égale à l’écart moyen de l’OCDE. Les femmes ont toujours moins de chances que les hommes d’exercer une activité. Elles sont 70 % à occuper un emploi au Canada. Ce chiffre est supérieur à la moyenne de 58 % de l’OCDE et est relativement proche du taux d’emploi masculin, de 75 %. Cet écart de 5 points de pourcentage entre les genres, inférieur à la moyenne de 15 points de pourcentage de l’OCDE, indique que le Canada est parvenu à surmonter les contraintes et obstacles auxquels peuvent être confrontées les femmes dans leur accès au travail.

Les chômeurs sont définis comme des personnes actuellement sans emploi mais souhaitant travailler et recherchant activement un emploi. Le chômage de longue durée peut avoir des effets délétères sur le sentiment de bien-être et sur l’amour-propre, et il peut entraîner une perte de compétence et réduire encore l’aptitude à l’emploi. Le pourcentage de la main-d’œuvre au chômage depuis un an ou plus est actuellement de 0.9 % au Canada, un chiffre inférieur à la moyenne de 2.8 % de l’OCDE. Il n’existe guère de différence, en moyenne, entre hommes et femmes pour ce qui est du chômage de longue durée. Au Canada, cependant, le taux de chômage de longue durée des hommes est légèrement supérieur à celui des femmes, à 1.0 % et 0.8 % respectivement. Le salaire et autres prestations en espèces qui vont de pair avec l’emploi sont un aspect majeur de la qualité d’un emploi. La rémunération moyenne est de 46 911 USD par an au Canada, contre 36 118 USD en moyenne dans l’OCDE. Pour autant, tout le monde ne gagne pas cette somme. Dans les pays de l’OCDE, les hommes gagnent en moyenne 15.5 % de plus que les femmes. Au Canada, ce pourcentage est de 19 %. De plus, alors que20 % les plus aisés gagnent environ 64 774 USD par an, les 20 % les plus modestes vivent avec 26 687 USD par an. La sécurité de l’emploi constitue un autre facteur essentiel de sa qualité. Les salariés confrontés à un risque élevé de perdre leur emploi sont plus vulnérables, notamment dans les pays où le système de protection sociale est moins développé. Au Canada, les salariés ont un risque de 6.4 % de perdre leur emploi, un pourcentage plus élevé que la moyenne de l’OCDE, égale à 5.4 %.

Le programme BladeRunners aide les jeunes de 15 à 30 ans qui sont confrontés à de multiples obstacles sur le marché du travail à faire carrière dans le bâtiment et d’autres secteurs dans la province de Colombie britannique. Le programme BladeRunners propose aux jeunes participants un stage de formation de trois semaines, et facilite ensuite le placement direct des diplômés du programme. Il fournit aussi des services d’appui étendus aux participants et diplômés 24 heures par jour, sept jours sur sept, pendant une durée indéterminée après leur placement. Le but ultime du programme est de développer les compétences et l’expérience professionnelle qui favorisent une participation à long terme au marché du travail et d’encourager l’intégration des jeunes dans la société et la communauté locale. Le programme BladeRunners est globalement considéré comme un modèle de formation professionnelle très efficace. Il affiche un taux global de placement post-formation de 77 %, a remporté plusieurs prix et récompenses pour ses réalisations, et est financé par divers soutiens publics et privés.

Éducation

Une population dotée d’un bon niveau d’éducation et de formation est primordiale pour le bien-être social et économique d’un pays. L’éducation joue un rôle essentiel dans la transmission aux individus des connaissances, qualifications et compétences dont ils ont besoin pour participer activement à la société et à la vie économique. Tout à fait concrètement, posséder un bon niveau d’études améliore sérieusement les chances de trouver un travail et de gagner correctement sa vie. Les canadiens peuvent espérer accomplir 17.2 années d’éducation et formation entre 5 et 39 ans, soit un résultat légèrement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE de 17.7 années.

Dans tous les pays, il est devenu de plus en plus important d’obtenir un diplôme du deuxième cycle de l’enseignement secondaire, le marché du travail étant de plus en plus axé sur les connaissances. Les taux de diplômés à la fin de l’enseignement secondaire donnent donc une bonne indication de la capacité de chaque pays à préparer ses élèves aux exigences minimales du marché du travail. Au Canada, 89 % des adultes de 25 à 64 ans sont diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire, soit un niveau supérieur à la moyenne de 75 % de l’OCDE. À travers l’OCDE, légèrement plus d’hommes âgés de 25 à 64 ans ont l’équivalent d’un diplôme de fin d’études secondaires, par rapport aux femmes de la même tranche d’âge. Au Canada, cependant, 90 % des femmes ont l’équivalent d’un diplôme de fin d’études secondaires, contre 88 % des hommes. Ceci est aussi vrai au niveau universitaire, où il y a plus de femmes qui obtiennent un diplôme d’enseignement supérieur, avec un taux de 59 % comparé à 48 % pour les hommes. Cet écart de 11 points de pourcentage est plus important que l’écart moyen de l’OCDE de 4 points de pourcentage.

S’ils sont importants, les taux d’obtention d’un diplôme en disent toutefois peu sur la qualité de l’enseignement reçu. Le Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA) permet de déterminer dans quelle mesure les élèves ont acquis certaines des connaissances et compétences qui leur seront indispensables pour occuper une place à part entière dans la société. En 2012, le programme PISA s’est intéressé aux compétences des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences, car les études montrent que celles-ci constituent une variable explicative plus fiable du niveau de bien-être économique et social que le nombre d’années passées à l’école. Le Canada figure parmi les meilleurs pays de l’OCDE pour ce qui est de la compréhension de l’écrit, des mathématiques et des sciences, l’élève moyen obtenant 522 points. Ce score est supérieur à la moyenne de 497 points de la zone OCDE et fait du Canada un des pays les plus performants de l'OCDE pour les compétences des étudiants. Les filles dépassent les garçons de 7 points, moins que les 8 points d’écart moyen de l’OCDE.

Les systèmes scolaires les plus efficaces sont ceux qui parviennent à transmettre un enseignement de qualité à l’ensemble des étudiants, sans distinction. Au Canada, 72 points séparent en moyenne les étudiants les plus aisés des étudiants les plus modestes, moins que la différence moyenne au sein de l’OCDE de 96 points. Ceci semble indiquer que le système scolaire canadien prodigue un enseignement de qualité, indépendamment du milieu dont sont issus ses élèves. Depuis 2000, le Canada se place dans le peloton de tête au niveau mondial grâce à la réforme à visée professionnelle de son système éducatif. Non seulement les élèves obtiennent de bons résultats, mais cela, quels que soient leur milieu socioéconomique, leur langue maternelle ou leurs origines (Canadiens de souche ou immigrés récents). En particulier, la réforme de l’enseignement adoptée par l’Ontario repose sur des principes essentiels : L’engagement culturel fort en faveur de l’éducation semble représenter une valeur nationale importante, qui aide à expliquer les très bons résultats d’ensemble du Canada malgré la décentralisation des politiques éducatives. La volonté d’assurer le bien-être des enfants, qui s’exprime par exemple dans un système de protection sociale solide, contribue à expliquer pourquoi les faiblesses du Canada, même si elles sont encore préoccupantes, sont loin d’être aussi profondes que celles des États-Unis.

Les résultats remarquables des enfants issus de l’immigration au Canada s’expliquent très largement par les grandes ambitions que les familles d’immigrés nourrissent pour leurs enfants, et aussi par les attentes élevées des éducateurs. Dans la mesure où le Canada considère depuis toujours ses immigrés comme un atout essentiel au développement continu du pays, et puisque sa politique migratoire reflète ces valeurs, l’école estime qu’il est de son devoir d’intégrer ces enfants dans la culture générale aussi vite que possible. L’importance accordée aux bons résultats des enfants issus de l’immigration semble même avoir des effets positifs sur les attentes à l’égard des jeunes Canadiens de souche, plutôt que l’inverse. Depuis toujours, l’enseignement est une profession respectée au Canada, et les formations d’enseignants continuent d’attirer le tiers supérieur des diplômés du secondaire. En outre, l’Ontario accorde une attention particulière à la direction d’établissement, notamment aux chefs d’établissement. En 2008, les autorités ont lancé l’Ontario Leadership Strategy, qui définit les compétences, connaissances et qualités des chefs d’établissement efficaces. Cette stratégie prévoit notamment un programme de tutorat développé, dont ont déjà bénéficié plus de 5 000 chefs d’établissement et adjoints. De plus, des fonds et des ressources additionnelles ont été affectées aux autorités locales pour développer et implémenter une Stratégie de développement du leadership qui encadrera les initiatives de planification de la relève et de développement du talent pour assurer une fourniture continue de candidats pour occuper les postes de haut rang.

Environnement

La qualité de notre environnement a une incidence directe sur notre santé et notre bien-être. La pollution de l’air est un problème environnemental majeur, qui pèse directement sur la qualité de vie des gens. En dépit des initiatives nationales et internationales et de la baisse des principales émissions de contaminants, les effets de la pollution atmosphérique urbaine sur la santé continuent de s’aggraver, et la pollution de l’air devrait devenir la première cause environnementale de mortalité prématurée au niveau mondial à l’horizon 2050. En ville, où elle est souvent causée par les transports et l’utilisation de bois-énergie ou de charbon à petite échelle, la pollution de l’air est associée à toute une série de problèmes de santé: d’irritations oculaires mineures aux infections respiratoires ponctuelles et maladies respiratoires chroniques, comme l’asthme, les maladies cardiovasculaires ou le cancer du poumon. Certaines de ces complications nécessitent une hospitalisation et peuvent être mortelles. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables.

Les concentrations en PM10 – des particules inférieures à 10 microns qui peuvent passer dans les parties les plus profondes des poumons – sont surveillées dans les pays de l’OCDE, car ces particules peuvent être dangereuses pour la santé et réduire l’espérance de vie. Au Canada, la concentration en PM10 en milieux urbains de 14.5 microgrammes par mètre cube est moins élevée que la moyenne OCDE, de 20.1 microgrammes par mètre cube, ainsi qu’au seuil recommandé de 20 microgrammes par mètre cube établi par l’Organisation mondiale de la santé.
L’accès à une eau propre est fondamental pour le bien-être de l’homme. En dépit des progrès notables des pays de l’OCDE en matière de réduction de la pollution de l’eau, il n’est pas toujours facile de constater distinctement les améliorations de la qualité de l’eau douce. Au Canada, 91 % de la population se dit satisfaite de la qualité de l’eau. Ce chiffre est supérieur à la moyenne pour l’ensemble de l’OCDE, qui se situe à 81 %.
Le gouvernement fédéral canadien a pris des mesures, qui entreront en vigueur le 1er juillet 2015, afin de restreindre la durée de vie des centrales électriques au charbon. Les centrales arrivées en « fin de vie » devront être définitivement mises à l’arrêt ou bien équipées d’un dispositif de captage et stockage du carbone (CSC), de façon à ramener leurs émissions à un niveau inférieur à celui des centrales au gaz naturel. L’ensemble des centrales mises en service avant 1975 devront être fermées d’ici à 2020, tandis que les centrales plus récentes pourront fonctionner pendant environ 50 ans avant d’être arrêtées ou modernisées. Bien que cette durée de vie légale de 50 ans soit assez longue, la mesure devrait néanmoins contraindre cinq centrales à fermer d’ici à 2020. Le raccourcissement de la durée de vie initiale pourrait permettre d’accélérer la transformation des centrales existantes.
La province canadienne de l’Ontario a achevé la suppression progressive du recours au charbon pour la production d’électricité en avril 2014, avec l’arrêt de la dernière des 19 unités alimentées au charbon de ses cinq centrales. Dans le cadre de son plan d’élimination progressive, le gouvernement de l’Ontario procède actuellement à la transformation de deux centrales au charbon en centrales à biomasse. Les travaux de conversion sont en cours à la centrale d’Atikokan : d’une puissance de 200 MW, cette centrale sera la plus grande installation d’Amérique du Nord à fonctionner exclusivement à la biomasse. Les travaux en cours visent à apporter quelques modifications à la centrale et à construire des installations de manutention du combustible. La centrale fonctionnera de manière flexible et viendra compléter la production d’énergie hydraulique, solaire et éolienne. Le fait que le Canada dispose d’une quantité de biocombustibles relativement importante a facilité cette conversion.

Engagement civique

La confiance dans les pouvoirs publics est essentielle pour la cohésion sociale et le bien-être. Un taux de participation électorale élevé traduit l’implication des citoyens dans la vie politique. Pour les élections les plus récentes sur lesquelles des données sont disponibles, le taux de participation au Canada était de 61 % des personnes enregistrées. Ce chiffre est moins élevé que la moyenne OCDE, de 68 %. Quoique le droit de vote soit universel dans tous les pays membres de l’OCDE, tous ceux qui en jouissent ne l’exercent pas. L’écart entre le taux de participation électorale des hommes et des femmes est faible dans la plupart des pays membres de l’OCDE. Ceci est vrai au Canada, où le taux de participation électorale des hommes et des femmes est estimé à 61 % et 62 %. Si de manière générale, hommes et femmes votent autant, le niveau de revenu peut fortement influencer la participation électorale. Au Canada, la participation électorale est estimée à 63 % pour les 20 % les plus aisés, contre 60% pour les 20 % les plus modestes. Cette différence de 3 point de pourcentage, bien moins élevée que l’écart moyen au sein de l’OCDE de 13 points de pourcentage, témoigne d’une certaine cohésion sociale autour des institutions démocratiques.
En général, les femmes sont en minorité parmi les représentants élus et, bien que leur nombre a légèrement augmenté au cours de la dernière décennie, il est encore bien en dessous de la parité. Au Canada, 25 % des sièges dans les parlements nationaux sont occupés par des femmes, ce qui est inférieur à la moyenne OCDE de 28 %.
Il est essentiel de s’assurer que le processus décisionnel des pouvoirs publics n’est pas compromis par des conflits d’intérêt afin de préserver la confiance envers l’État. La transparence est donc capitale pour renforcer la responsabilité des autorités et maintenir la confiance à l’égard des institutions publiques.
La législation sur la liberté d’information donne aux individus la possibilité d’accéder à des informations non divulguées. Pour que ces mesures soient efficaces, le public doit bien connaître ses droits, doit pouvoir présenter ses requêtes facilement et doit être protégé contre les mesures de rétorsion. Les gens au Canada peuvent effectuer une demande d’information par écrit ou en personne, mais pas encore en ligne ou par téléphone. En outre, aucunes dispositions n’est prévu pour l’anonymat ou de protections contre les mesures de rétorsion. Le gouvernement canadien s’est tourné vers ses citoyens pour essayer de trouver des solutions aux problèmes des sans-abri, du chômage persistant et des jeunes en danger. L’Appel national d’idées sur la finance sociale a demandé aux Canadiens de soumettre des idées pour utiliser le pouvoir de la finance sociale de façon à améliorer les résultats sociaux et économiques. La finance sociale est une façon de gérer les capitaux qui génère un avantage pour la société et un rendement économique, et qui offre des possibilités considérables pour débloquer de nouvelles sources de capitaux tout en modifiant la façon dont les pouvoirs publics, les entreprises, les prestataires de services, les œuvres de bienfaisance et les organisations collaborent pour appliquer des méthodes éprouvées à plus grande échelle. Plus de 150 réponses ont été reçues, ce qui a dépassé toutes les attentes. La nouvelle stratégie a permis au gouvernement d’adapter et d’accélérer ses activités de sensibilisation à la finance sociale. Pour les idées prometteuses qui ont été retenues, le gouvernement contribuera à mettre en contact les différents partenaires et à transformer les concepts en de véritables possibilités d’investissement adaptées aux projets pilotes de finance sociale.
Dans le cadre de partenariats avec le secteur privé, les associations à but non lucratif et les œuvres de bienfaisance, le Canada prévoit de mieux faire connaître à la population les possibilités offertes par la finance sociale. Enfin, le gouvernement envisagera aussi d’utiliser des fonds du programme pour cultiver l’innovation sociale au niveau local et améliorer ainsi les bénéfices sociaux et économiques pour les Canadiens.

Satisfaction

On peut mesurer le bonheur ou le bien-être subjectif en termes de satisfaction à l’égard de la vie, de présence d’expériences et de sentiments positifs et d’absence d’expériences et de sentiments négatifs. Bien que subjectifs, ces indicateurs constituent des outils complémentaires utiles aux données objectives pour comparer la qualité de vie d’un pays à l’autre.
L’évaluation de la satisfaction à l’égard de la vie mesure le jugement global que les individus portent sur leur vie, plutôt que leurs sentiments du moment. Lorsqu’on leur demande de noter de 0 à 10 leur niveau global de satisfaction, les Canadiens l’évaluent à 7.3, ce qui est supérieur à la note moyenne de 6.6 recueillie pour l’ensemble de l’OCDE.
En termes de satisfaction à l’égard de la vie, il y a peu de différence entre les hommes et les femmes pour l’ensemble des pays de l’OCDE. C’est également vrai pour le Canada, où la note est de 7.3 pour les hommes et les femmes. En revanche, si l'on observe le niveau d’éducation, il y a une nette différence dans beaucoup de pays de l'OCDE. Alors que les canadiens diplômés de l’enseignement primaire ont un niveau de satisfaction de 6.9, ce score atteint 7.6 pour les diplômés de l’enseignement tertiaire.